Lot et Garonne : La présidente Sophie Borderie a adressé ce jour au Premier Ministre concernant les annonces gouvernementales relatives à l’attribution d’une prime pour les personnels des structures médico-sociales


29 juin 2020 - 500 vues

Monsieur le Premier Ministre,
En avril dernier, le Gouvernement a décidé le versement de primes pour les soignants engagés dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Il a également souhaité l'attribution d'une prime pour les personnels de toutes les structures médico-sociales, qu'elles soient publiques ou privées.
Aujourd'hui, plusieurs acteurs de l'aide à domicile et du secteur médico-social m'interpellent estimant avoir été les grands oubliés de cette reconnaissance nationale et ils se retournent vers le Département de Lot-et-Garonne pour solliciter le versement de cette prime exceptionnelle.
Si je salue, sans conteste, la totale légitimité d'une telle gratification d'autant plus indispensable qu'elle concernera des salarié(e)s dont les rémunérations sont déjà faibles, je souhaite vous interpeller tout à la fois contre la méthode retenue par le gouvernement et contre l'imprécision des modalités évoquées pour mettre en œuvre cette disposition.
Sur la méthode tout d'abord, il n'est pas acceptable que le Conseil départemental soit ainsi placé devant le fait accompli ou tout au moins mis en porte-à-faux. Monsieur Olivier VERAN, Ministre de la Santé et des Solidarités, déclarait mi-mai devant la représentation nationale, que les primes versées aux personnels médico-sociaux « relevaient de la compétence départementale et que l'Etat travaillait en concertation avec l'ensemble des départements dans l'espoir, l'attente, que puisse être déclenché un geste à destination des aides à domicile ».
Cette approche, du reste inexacte, n'est pas acceptable, à la fois parce qu'elle est conduite sans aucune concertation sincère et véritable, mais également parce qu'elle ne tient aucun compte des capacités financières des collectivités départementales. Or, vous le savez, là où les Départements les plus riches pourront financer cette prime, les autres Départements, souvent ruraux, seront confrontés à des arbitrages cornéliens. Comment, en effet, assurer financièrement le versement d'une prime exceptionnelle aux personnels médico-sociaux et faire face, dans le même temps, à une inquiétante progression des bénéficiaires des allocations individuelles de solidarité (AIS) et à un effondrement attendu des recettes liées à l'activité économique ?

Pour votre parfaite information, le reste à charge des AIS pour le Conseil départemental de Lot-et­Garonne dépasse les 40 millions d'euros par an, en année normale, soient plus de 500 millions d'euros de manque à gagner cumulé sur les 15 dernières années (plus que le budget annuel de la collectivité !). La crise économique et sociale qui est devant nous, va nécessairement accentuer ce phénomène. Malgré nos efforts de gestion et une fiscalité locale malheureusement élevée et que je me refuse à augmenter -l'épargne nette de la collectivité départementale s'établissait à 13,4 millions d'euros avant la crise sanitaire -nous anticipons une érosion sans précédent de nos recettes en raison d'une baisse attendue de 13,5 millions d'euros des DMTO doublée d'une augmentation sans précédent des dépenses de RSA. Cet effet ciseau est dramatique, mais bien connu des Départements. A ce titre, le plan de soutien aux collectivités, à savoir de simples avances proposées aux Départements, parait totalement inadapté.
Sur le fond, le versement d'une prime relative à la lutte contre la covid-19 doit être basé sur un principe d'équité. Au-delà des personnels du secteur de l'aide à domicile, il paraîtrait légitime que les agents de tous les Établissements Sociaux et Médico-Sociaux (ESMS) soient également concernés. 

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