Le maire d’Agen dévoile les résultats de l’audit financier : la situation financière qui est décrite dans cet audit est de la seule responsabilité de l'ancienne municipalité.


29 juin 2026 - 121 vues

Comme nous l'avions annoncé avant la campagne et après notre élection le 22 mars, nous avons commandé un audit financier des comptes de la ville. Cet audit a été confié à un cabinet indépendant qui fait autorité en matière de finances publiques, le cabinet Klopfer.
Que nous dit cet audit ?
Que, comme l'affirmait la majorité sortante, les ratios de la ville étaient bons jusqu'à la fin de l'exercice 2025 :

Épargne brute : 6,6 millions d'euros soit 13,1 % pour Agen en 2025 (au-dessus de 12 %, le taux est réputé confortable)

Capacité de désendettement : 6,4 ans pour Agen en 2025 (en deçà de 7 ans, la capacité est réputée excellente).
Ces chiffres ne sont pas nouveaux : ils avaient été présentés en conseil municipal par la précédente équipe.
Qu'apprend-on de nouveau, ou en tout cas qu'est-il écrit qui ne soit pas entaché de partialité ?
Par exemple que la hausse de dépenses la plus marquée sur l'année 2025 a été celle du personnel, à plus de 1,7 million d'euros. Une hausse qui s'explique par ce qu'on appelle le GVT (glissement vieillesse technicité) : plus vous progressez dans votre carrière, plus votre revenu progresse.
La hausse des dépenses de personnel s'explique également par la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires décidée par le gouvernement et que la collectivité doit appliquer.
Pas grand-chose à dire sur ce sujet : cette hausse est très majoritairement mécanique.
On apprend encore que la hausse la plus marquée en pourcentage concerne les frais financiers, qui flambent en l'espace de quatre ans. +48 % en 4 ans, de 2022 à 2025.

Et cela nous amène au véritable enseignement de cet audit : l'endettement.
Si les frais financiers ont explosé, ce n'est pas, comme pour les dépenses de personnel, un effet mécanique subi par la progression des agents dans leur carrière ou une augmentation du point d'indice décidé à Paris.
C'est parce qu'en trois exercices, entre 2023 et 2025, la dette de la ville a doublé, avec des pics d'investissements records en 2024 et 2025, juste avant les élections.
En 2020, la moyenne des investissements du mandat était de 20 millions d'euros par an. En 2024 et 2025, c'est 30 millions d'euros par an investis par la ville.
La dette est passée de 21,7 M€ à fin 2022 à 42,1 M€ à fin 2025 (soit une multiplication par 2).
L'audit nous dit ainsi que le montant de l'annuité va avoisiner 5,6 millions d'euros en 2026 et 2027, par « effet de l'accroissement de l'encours de 7,5 millions d'euros en 2025.»
On se rappellera qu'en 2025 précisément, un certain François Bayrou, grand ami de mon prédécesseur, alertait sur « la dette, la dette, la dette ». Désormais François Bayrou a du temps, mais n’a pas changé de discours et alerte encore, pas plus tard qu’en fin de semaine dernière, sur la dette. Ça semble plus le préoccuper que l’ancienne majorité.
Fin 2025, la dette par habitant de la ville d'Agen est passée au-dessus de la moyenne des villes comparables et flirte désormais avec les 1 300 euros par habitant.
Tout ceci, et c’est important de le souligner, s'arrête au budget prévisionnel d'avril 2026.
Autrement dit, la situation financière qui est décrite dans cet audit est de la seule responsabilité de l'ancienne municipalité.
Notre majorité, élue le 22 mars 2026, n'est en rien responsable de l'endettement de la ville et des marges de manoeuvre réduites qui sont les nôtres.
Si je devais résumer avec des propos de café du commerce, je dirais : « Ils ont cramé la caisse !»
Car ce que l'audit souligne, c'est que la municipalité issue des urnes en mars dernier, quelle qu'elle eût été, aurait eu à chercher 2,5 millions d'euros d'économies dans les dépenses de fonctionnement. Par an.
L'audit dit également que les coups partis et les restes à réaliser, donc les projets engagés en 2025 par l'ancienne municipalité, induisent une détérioration des ratios.
L'épargne brute tombe à 4,88 millions d'euros, à 9,77 %, c'est-à-dire sous le premier seuil d'alerte de 10 % .

Dans le même temps, la capacité de désendettement grimpe à 10,3 ans, soit très au-dessus du premier seuil d'alerte de 8 ans.
En résumé de cet audit : une dette doublée entre 2023 et 2025, des ratios qui dépassent les seuils d'alerte dès les premiers mois de 2026 et un effort de fonctionnement de 2,5 millions d'euros par an à prévoir dès cette année.
Voilà le bilan des Mozart de la finance.
Je n'invente rien, je n'interprète rien, tout est là, noir sur blanc.
À écouter l’ancienne majorité depuis plus de 6 mois, nous « la gauche LFIste », nous ne savons pas gérer, nous n'avons aucune compétence en matière d'argent public, nous sommes des amateurs inconséquents. Elle nous a reproché pendant toute la campagne de proposer un programme qui allait vider les caisses de la ville.
La réalité, c'est qu’ils s’étaient déjà chargés avant de les vider, les caisses.
Il y a deux hypothèses à ce stade :

Soit ils avaient connaissance de l'état de nos finances, de l'état de la dette, de la dégradation des ratios de la ville et ils ont menti ;

Soit ils n’en avaient aucune idée et ils sont incompétents.
J’avoue ne pas avoir envie de chercher laquelle de ces deux hypothèses est préférable.
Si l'une d'entre elles peut toutefois l'être.
Nous restons quant à nous sur nos propositions et nos engagements : nous agirons en responsabilité, nous appliquerons notre programme, nous ferons des choix politiques et SANS AUGMENTER les impôts.
Quant aux sortis, eut égard aux résultats de cet audit, je les espère humbles et silencieux sur le sujet pour de longs mois.
Laurent Bruneau, Maire d’Agen 

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