APOTHEOSE DE SAINT GERVAIS ET SAINT PROTAIS à LECTOURE


23 avril 2026 - 136 vues

En l’an 386, les corps de Saint Gervais et Saint Protais sont exhumés intacts, par Saint Ambroise l’évêque de Milan, à la suite d’une vision. L’Europe est alors en pleine crise de l’Arianisme qui s’oppose à l’Eglise Catholique de Rome Or, sur le passage de la procession qui mène les 2 Saints vers la basilique de la ville, on observe des guérisons et des conversions miraculeuses: peu à peu l’hérésie recule.
Dès lors, le culte des 2 martyrs se répand dans toute l’Europe et bien sûr en France où le pouvoir temporel et l’Eglise Romaine luttent ensemble contre l’arianisme.
Il n’est pas surprenant qu’en Gascogne, où les Wisigoths, envahisseurs, ont propagé l’hérésie parfois violemment, on ait alors adopté le culte de Saint Gervais et Protais.
De même au XVIéme siècle, la Contre-Réforme actualise la nécessité de soutenir le culte catholique; très normalement on se souvient de Saint Gervais et Saint Protais et, comme autrefois, on les implore.
A cette époque, Jean III d’Estresse, évêque de Lectoure, coadjuteur dès 1609 puis titulaire jusqu’à sa mort en 1646, contribua à réinstaurer le catholicisme dans sa ville dévastée par les guerres de religion. Ce fut pour Lectoure une ère de prospérité et de dynamisme tant sur le plan de la vie économique que religieuse.
Le tableau que l’association « Orgues & Patrimoine » va faire restaurer est le témoin de ce renouveau placé sous le patronage des Saints Gervais et Protais.
C’est une oeuvre monumentale de 3m30 par 2m90, intitulée « Apothéose de Gervais et Protais ». Elle est conservée dans la cathédrale et les armoiries de l’évêque, dans le coin en bas à droite, précise le commanditaire donc la date de l’oeuvre. Au premier plan les 2 saints martyrs du 1er siècle sont agenouillés, vêtus de de robes blanches symbole de pureté et de résurrection et sont drapés dans des manteaux rouges signe de la passion. Ils tiennent la palme du martyre attestant de leur fidélité jusqu’à la mort à la vraie foi chrétienne. Derrière eux leurs parents Saint Vital et Sainte Valérie, également martyrs. Au-dessus, la Vierge à l’Enfant, assise sur un nuage est entourée d’anges musiciens jouant du luth et de la harpe signifiant l’harmonie céleste. A l’arrière–plan, une ville sur une colline, identifiable à Lectoure par la silhouette de son clocher avec sa célèbre flèche qui surgit des ruines de la cathédrale. Cette oeuvre nécessite d’urgence une restauration: la toile est légèrement déformée, la peinture craquelée, encrassée, tachée par endroit d’humidité et de souillures de chauves-souris; on remarque un trou dans l’angle droit en bas, enfin le vernis ancien, jauni et irrégulier, modifie les couleurs.
On ne connait pas l’artiste qui a peint cette oeuvre, mais à coup sûr ce devait être quelqu’un de renommé puisque l’encadrement en marbre blanc veiné rouge de Caunes-Minervois dénote un luxe particulier. Cette carrière, qui appartenait à l’abbaye de Caunes était réputée; elle a largement fourni la cour, le Grand Trianon en était pourvu, et on retrouve ce beau marbre jusque dans les panneaux des décors baroques des piliers de la nef de la basilique Saint Pierre à Rome.
Le travail de restauration de cette oeuvre témoignera de l’attachement à ces Saints patrons de tant de lieux et d’églises en France et attestera l’état de notre cité lorsque sa flèche si effilée et si haute faisait l’admiration du pays tout entier; il permettra peut-être aussi de découvrir le nom de l’artiste qui a ainsi immortalisé notre ville. L'association "Orgues & Patrimoine" de Lectoure

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