Manifestation agricole à Auch : la Coordination Rurale dénonce une intervention policière disproportionnée

La CR 32 estime que l’irréparable a été commis cette nuit dans la capitale gersoise, à Auch, à 22 h 30, au cours d’une manifestation impliquant cinq engins agricoles et une trentaine d’agriculteurs, face
aux forces de l’ordre (police et CRS).
Arrivés en nombre pour mettre fin à la manifestation, les forces de l’ordre ont stoppé un épandeur en pleine action, déversant du fumier sur les locaux de La Dépêche du Midi à Auch. Rien de dramatique
jusque-là, si ce n’est que, lorsque l’agriculteur a voulu repositionner son tracteur sur la route afin de laisser le passage à un véhicule de secours — car il obstruait la ruelle dans laquelle il se trouvait —, celui-ci s’est retrouvé mis en joue par trois policiers et CRS, armes de poing sorties, des pistolets de 9 mm.  Une scène lunaire !
Trois armes de poing braquées, alors que le tracteur ne faisait que repositionner ses roues sur la route : nous n’avons jamais connu cela dans l’agriculture française. Trois armes de poing qui auraient pu
coûter la vie à notre agriculteur si la situation avait dégénéré. Nous soutenons et saluons le sang-froid de notre jeune paysan, qui a permis d’apaiser la situation et d’éviter le drame absolu ! Il a été ensuite
interpellé, menotté et placé en garde à vue jusqu’à 4 h du matin pour une prétendue mise en danger de la vie d’autrui, soi-disant pour avoir voulu foncer sur des fonctionnaires de police — une accusation
totalement abusive et fausse !
Les autorités de tutelle sont responsables Le président de la Chambre d’Agriculture du Gers, Lionel Candelon, et l’ensemble de la Coordination Rurale condamnent fermement la sortie d’armes injustifiée des fonctionnaires de police lors d’une simple manifestation agricole. Malgré le contexte que nous connaissons tous aujourd’hui, rien ne justifie de tels actes de la part des forces de l’ordre, et notamment du commissaire divisionnaire de police du département du Gers. Si l’on sort des armes à feu face à trente agriculteurs et cinq engins agricoles, quelle sera la prochaine étape ? L’État ouvrira-t-il le feu sur des manifestants et des agriculteurs la prochaine fois ? Nous allons saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi que le Procureur de la République afin que cet acte inadmissible soit fermement condamné par la justice. Il n’y avait aucune proportionnalité dans la réponse policière apportée cette nuit dans la capitale gersoise. L’ensemble des agriculteurs présents, qui manifestaient pacifiquement, a été profondément choqué par cette scène surréaliste et entend bien que toute la lumière soit faire concernant cette affaire. Elle a mis le feu aux poudres dans le département du Gers, dont nous soutenons pleinement dans la colère agricole. 

La CR 32 estime que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, est responsable de la situation actuelle,
avec la mise en place d’une politique sanitaire démesurée. La Coordination Rurale Union Nationale
demande au Premier ministre, Sébastien Lecornu et au Ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de
présenter des excuses officielles afin d’apaiser la situation et éviter tout risque de débordement.

Communiqué de la Préfecture du GERS 

Lors d’une nouvelle manifestation d'agriculteurs cette nuit, une action de dégradation de biens a été menée aux environs de 22h30 à Auch.

Un tracteur avec une épandeuse s'est positionné en travers de la route à proximité de la place de Verdun, et a aspergé la façade du journal « La Dépêche du Midi ».

La présence d’une unité de CRS avait été obtenue cette nuit sur Auch. Ce renfort a permis l’interpellation du conducteur à qui les policiers ont demandé de cesser son action et d’immobiliser son engin.

Malgré ces injonctions, le conducteur entame une manœuvre et avance vers les forces de l’ordre. Cette manœuvre dangereuse les oblige à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. Le Directeur Départemental de la Police Nationale était sur place. 

Le conducteur a alors immédiatement stoppé le mouvement et arrêté le moteur du tracteur. Il a été placé en garde à vue pour dégradations en réunion peu avant 23 h et sera auditionné dans la nuit.

Le calme est revenu très rapidement sur place et les manifestants présents ont rapidement engagé le nettoyage de leurs méfaits sur la façade concernée.

Alain Castanier, préfet du Gers, condamne fermement ces nouvelles dégradations et appelle au maintien du calme.