Depuis plusieurs jours, le Gers est le théâtre d’une crise agricole d’une ampleur inédite. Bien
qu’aucun cas de DNC n’ait été détecté dans le département, la menace sanitaire a intensifié la
mobilisation. Les blocages se sont multipliés sur l’ensemble du département. Aujourd’hui, la rocade d’Auch est
entièrement coupée depuis plus de 15 jours. Cette situation place des milliers de citoyens dans une
impasse quotidienne : salariés se déplaçant avec difficultés, familles désorganisées, services
perturbés. Les commerçants, eux aussi, subissent de plein fouet les conséquences en cette période
de fêtes. Quelle que soit la légitimité des revendications, les Gersois ne peuvent pas subir les conséquences
de cette paralysie. Sur le terrain, la tension est palpable. Les forces de l’ordre, mobilisées jours et nuits depuis des
semaines, sont épuisées par la répétition des actions et la gestion permanente de situations à haut
risque. Les agents des collectivités, eux aussi, sont à bout, œuvrant sans relâche au nettoyage des
détritus et à la sécurisation des espaces publics, dans des conditions de plus en plus difficiles.
Malgré les échanges avec le Gouvernement et la ministre de l’Agriculture, malgré l’accélération de
la vaccination, saluée par tous, pour protéger l’ensemble du cheptel gersois, la situation demeure
alarmante. La détresse des agriculteurs est réelle, profonde, ancienne. Leur mobilisation n’est ni un
caprice ni une provocation : elle est un cri d’alarme pour une réforme structurelle de notre modèle
agricole. Dans ce contexte, la perspective d’une signature de l’accord avec le Mercosur accentue les tensions
et les inquiétudes. La position de la France est claire et ferme : cet accord, en l’état, n’est pas
acceptable, il fragiliserait davantage nos agriculteurs en les plaçant en concurrence avec des
productions qui ne respectent pas nos exigences. L’État doit tenir ses engagements et rester aux
côtés des agriculteurs. Nous le disons avec gravité et responsabilité : cette situation ne peut plus durer. Il est impératif d’y
mettre un terme avant qu’un drame ne survienne, et nous condamnons toute forme de violence, de
dégradations des biens publics ou de pression exercée sur la presse.
Pour les citoyens pris au piège d’un conflit qui s’enlise. Pour les forces de l’ordre, sous pression
constante. Pour les agriculteurs eux-mêmes, dont la colère pourrait basculer.
Le Gouvernement doit agir plus encore, écouter et s’adapter : maintenir un dialogue sincère,
accélérer la vaccination, apporter des réponses immédiates et visibles, et engager des mesures
structurelles à la hauteur des enjeux agricoles.
Sortir de la crise est encore possible. Mais le temps presse.
Pour les citoyens. Pour les forces de l’ordre. Pour les agriculteurs.
Crise agricole dans le Gers : l’urgence d’une sortie de crise sans délai
Tribune des élus du Gers
Philippe DUPOUY, Président du Département du Gers
Muriel ABADIE, Vice-Présidente de la Région Occitanie et Maire de Pujaudran
David TAUPIAC, Député du Gers
Jean-René CAZENEUVE, Député du Gers
Alain DUFFOURG, Sénateur du Gers
Franck MONTAUGÉ, Sénateur du Gers